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L’avortement et ses questions

 

Chacun est libre de faire ce qu’il souhaite ,”C’est interdit par la religion  » ou encore  « En cas de viol on fait comment ? »

Telles étaient les répliques des étudiants lors du débat organisé à l’UM6SS suite aux événements vécus depuis l’arrestation de Hajar Raissouni, une journaliste condamné en prison pour avortement.

Mais au vrai, où on est on concernant l’avortement ?

Tout d’abord, on peut considérer que chacun est libre de faire ce qu’il souhaite dans la mesure où personne n’est bien placé pour juger autrui. Une pensée probablement extrémiste dans un sens idyllique mais qui ne convient pas forcément à la réalité du monde dans lequel nous vivons.

Mais enfin, pourquoi ne pas changer les choses et donner une liberté d’expression et de vie à tout le monde ?

Ainsi si l’on s’intéresse à la réalité de notre monde, ou encore à celle de notre pays, on remarquera qu’il y a des dizaines de mortalités maternelles par jour suite à un avortement non accompli dans les mesures médicales, un avortement dit “clandestin » .

S’ajoute à cela les enfants abandonnés et délaissés que l’on rencontre quotidiennement sur les trottoirs. Quelle est donc la solution ? Comment peut-on remédier à celà ?

Entre des parents pauvres qui n’ont pas les moyens de subvenir aux besoins de leurs enfants et les mères célibataires chassées de leurs familles pour relations hors-mariage, comment doit on réagir ? Comment faire face à une société traditionnelle aux principes bien ancrés ?

Ensuite, il existe des parents qui ont les moyens d’éduquer leurs enfants tout en ayant un environnement propice à l’épanouissement de celui ci , mais qui malheureusement ne veulent pas de lui , il est alors appelé « enfant non désiré » .

Cet enfant va donc naître, grandir et mûrir entre les mains de parents qui ne l’aiment pas et qui ne lui montreront aucune trace d’affection de leur part. Comment sera la psychologie de cet enfant ? Comment portera t-il le nom de ses parents ?

Mais encore, on rencontre dans nos sociétés des jeunes filles victimes de viol et qui se trouvent quelques semaines après, face à une grossesse, face à un long chemin …

Un chemin de souffrance sur le plan physique, psychique et social qui les emmènera peut être même au suicide, sans avoir strictement rien fait ! sans aucune culpabilité ! Peut-on au moins légaliser l’avortement pour ces cas là ?

Néanmoins, dans nos sociétés très croyantes, on retrouve que la religion interdit l’avortement. Il est dit que “celui qui tue une seule personne est considéré comme si il a tué tous les êtres humains et à l’inverse, celui qui sauve la vie d’une personne est considéré comme si il a sauvé tout le monde !”(Coran 5/32)

Que devons nous faire ? Enfreindre notre religion ?

De plus , cet être vivant qui n’est autre qu’un petit amas de cellules finira par devenir une personne complète comme nous: 4 membres, un coeur et un cerveau !

Un cerveau qui pourra lui permettre de réfléchir et puis de donner son avis .

C’est ainsi qu’en procédant à un avortement , on tue , on condamne à mort un être vivant et non pas quelques cellules car ces cellules ont bel et bien un devenir …elle feront une femme ou un homme qui un jour se retrouvera peut être comme nous , en train d’écrire une réflexion sur l’avortement ou qui au contraire trouvera ça comme un sujet dépassé .

Et c’est comme ça que l’on arrive à la conclusion selon laquelle l’avortement est un sujet très complexe que l’on doit traiter avec délicatesse du fait qu’en disant un “oui” ou un “non” on ne résout pas le problème étant donné qu’il faudra prendre en compte toutes les conséquences relatives à chaque décision . 

Oumnia Jamali

Oumnia Jamali

Médecine générale UM6SS
Rédactrice en français

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