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Saviez-vous que la réalité virtuelle joue un rôle dans la médecine ?

Quoi de neuf, Docteur ?

Il apparaît difficile de répondre à cette question tant la recherche progresse à une grande vitesse. Imagerie médicale, chirurgie, cardiologie, électrostimulation…

Pour vous présenter la médecine de demain, j’ai sélectionné une innovation médicale qui va révolutionner la médecine et changer votre vie.

Les médias même les grandes entreprises ont tendance à nous induire en erreur en ne présentant la réalité virtuelle que sous un seul angle : celui du loisir, « Entertainment », comme l’appellent nos amis anglo-saxons. Ce n’est pourtant que la partie émergée de l’iceberg : la VR est utilisée dans de nombreuses autres situations et la médecine est sans aucun doute celle qui mérite d’être soulignée.

La plupart des gens voient la réalité virtuelle, comme un concept assez abstrait qu’ils associent – au mieux – aux jeux vidéo. Les domaines d’application de la réalité virtuelle sont pourtant assez nombreux, mais l’un d’eux mérite vraiment d’être développé, pour des raisons technologiques autant qu’humaines : la VR dans la médecine et les avantages qu’elle apporte aux médecins et aux patients. Vous avez bien lu : dans le domaine médical, les patients ne sont pas les seuls à profiter des bénéfices de la réalité virtuelle.

Médecin urgentiste est une profession particulièrement difficile pour une raison simple : il faut être prêt à affronter tout ce qui se passera derrière la porte des urgences.

Que ce soit une personne atteinte d’un virus, un blessé par balle ou tous les habitants d’une maison à la suite d’un effondrement.

C’est donc une situation particulièrement stressante pour les médecins traitants qui devront s’occuper d’eux, surtout pour les plus jeunes qui ont peu d’expérience et peuvent s’effondrer vis-à-vis de l’incroyable stress et pression.

La réalité virtuelle, Elle vise à mieux préparerces jeunes médecins en les plongeant dans des simulations de situations similaires qui, malheureusement, sont susceptibles de se produire.

Ceci permet aux médecins concernés d’être mieux préparés et, surtout, à être plus efficaces en cas de situations difficiles et s’armer face au stress plus efficacement.

L’association VR et formation ne se limite pas uniquement à la préparation aux situations difficiles, la technologie permet également de créer des vidéos médicales en 360°, associée à la 3D, notamment à des fins éducatives : les étudiants en médecine peuvent assister à des opérations et voir les différents éléments – un organe, par exemple – sous différents angles. Ceci est particulièrement utile dans le cadre de chirurgies compliquées – à cœur ouvert, ou sur le cerveau, afin de voir précisément, sous tous les angles et en conditions réelles ce qui peut se passer. 

Les choses vont plus loin encore puisque les chirurgiens peuvent également s’entraîner à opérer en réalité virtuelle.

Que le programme soit entièrement créé artificiellement à des fins pédagogiques ou qu’il soit basé sur les données obtenues pour donner suite à des analyses sur le patient – à partir d’IRM, l’objectif est de permettre au chirurgien de se préparer au mieux pour l’intervention. 

La VR peut également être utilisée pour faire l’opération elle-même à condition d’être épaulée par un bras robotique spécialisé – qui reste bien évidemment pour le moment manipulé par un chirurgien.

 Cette technologie a de nets avantages – moins de risques pour le patient, possibilité au chirurgien de s’entraîner… Il est intéressant de noter que ces procédés de chirurgie robotique peuvent combiner plusieurs technologies : la VR, l’Intelligence Artificielle et la Réalité Augmentée.

Qui aurait pu imaginer que la psychologie serait associée à une nouvelle technologie alors qu’elle n’a commencé à devenir une science que tardivement, au 19 ème siècle ?

 Plusieurs domaines d’application VR sont possibles, le plus intéressant en psychologie pure est sans nul doute son impact dans le traitement des phobies.

 Le programme vous plonge face à face avec votre phobie dans un univers virtuel – un lieu fermé lorsque vous êtes claustrophobe, la vue depuis un balcon lorsque vous avez le vertige, etc – et à la suite de sessions régulières, si le traitement fonctionne votre phobie disparaît.

 Ce type de traitement est déjà utilisé en milieu hospitalier, notamment à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et à celui de la Conception à Paris. Bien entendu, tout ceci est effectué sous le contrôle d’un professionnel de la santé, c’est à dire un psychologue ou psychothérapeute.

La VR permet également d’affronter les dépendances. Ici encore, il s’agit d’une simulation qui plonge l’utilisateur dans un environnement hostile dans lequel il doit arriver à surpasser son problème.  

De nombreux professionnels de la santé cherchent à exploiter le potentiel de la réalité virtuelle pour lutter contre les maladies, les petites comme les grosses.

 Parmi eux, Alberto Rizzo, un psychologue qui dirige le département dédié à la réalité virtuelle médicale à l’USC (University of Southern California). Ce chercheur travaille depuis plus de 20 ans sur le rôle que peut jouer la VR sur l’autisme, Alzheimer, les AVC et plusieurs autres maladies encore.

Des professionnels tels que monsieur Rizzo travaillent sur différentes disciplines, allant de la psychologie aux fonctionnements moteurs et cognitifs. Commençons par l’autisme qui touche près de 700 000 personnes en France : les troubles apparaissent dès la petite enfance et « se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours« , explique l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) . Des résultats sont déjà visibles : des chercheurs à Shangaï ont obtenu des résultats intéressants grâce à la réalité virtuelle : la technologie arrive à mieux prendre en charge les enfants et à les maintenir davantage concentrés tout en les plongeant dans un environnement de sociabilité.

La maladie d’Alzheimer et, de manière plus générale, la démence, sont très répandues dans le monde mais la recherche a fait de belles avancées ici aussi. S’il est impossible de faire faire machine arrière à la maladie, le dépistage est simplifié grâce à la réalité virtuelle, plus exactement grâce à un labyrinthe en VR, qui permet de trouver les personnes à risques.

Ce qui est assez extraordinaire, c’est que la technologie arrive à détecter les risques même sur un sujet relativement jeune. Si le traitement ne permet pas de faire disparaître Alzheimer, une thérapie par VR montre certains résultats en mettant sous les yeux de la personne atteinte par la maladie différents environnements relaxants. Idéalement, recréer des environnements connus par le patient peuvent théoriquement aider à stimuler sa mémoire mais c’est bien sûr très compliqué.

La maladie de Parkinson est peut-être moins connue que les deux premières décrites ci-dessus mais de nombreuses personnes en sont atteintes (c’est par exemple le cas de Michael J. Fox). Elle est également étudiée de près et, à l’instar d’Alzheimer, un système de diagnostic avec la réalité virtuelle est en cours de développement. Cochrane, une organisation à but non lucratif axée sur la recherche médicale, a testé l’efficacité du traitement par VR dans le cadre de la maladie de Parkinson et y voit effectivement du potentiel, présentant quelques avantages face aux méthodes traditionnelles, sans pour autant le considérer comme révolutionnaire. 

Nous ne sommes qu’à l’aube de cette technologie. Avec le temps, le potentiel devrait continuer à augmenter. Espérons que la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle sauront éradiquer ces maladies.

Mohamed Zaki

ingénieur biomédical UM6SS
Rédacteur en français
Co-Fondateur de MBTC
Développeur de l'Application mobile l'Um6ien

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