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Interview avec Mr. Chacho au sujet de la Télémédecine :

La médecine vit un une évolution remarquable aujourd’hui, cette avancée a donné naissance au concept de télémédecine qui devient très célèbre dans plusieurs pays y compris le Maroc dernièrement.

Pratique fascinante et innovante mais est-elle réalisable ici au Maroc ?

Si oui, quel serait son apport en plus à la situation sanitaire marocaine ?

Nous avons eu l’honneur de recevoir Mr Chacho pour débattre et en savoir plus au sujet de cette pratique fascinante.

 

D’après vous  qu’est ce que c’est que la télémédecine ?

On peut définir la télémédecine comme étant la pratique de la médecine à distance en utilisant les moyens technologiques comme la télécommunication.

 La télémédecine en fait, se répartit en plusieurs disciplines comme la téléconsultation, la télé-expertise, la télésurveillance ; au Maroc l’expérience pilote que l’on conduit est la téléconsultation.

C’est-à-dire que l’on est capable de faire une consultation médicale cependant à distance, le médecin n’est pas donc pas physiquement présent mais utilise les moyens de télécommmunication pour pouvoir réaliser sa consultation.

La télémédecine est-elle venue pour révolutionner la pratique classique de médecine ?

La télémédecine est un moyen un peu diffèrent pour pratiquer la médecine, mais elle est absolument complémentaire. 

La télémédecine est venue pour compléter la pratique classique quand la pratique traditionnelle telle qu’on la connait n’est pas possible en cas par exemple d’un patient en situation d’enclavement ou ne pouvant pas se déplacer que ce soit le cas d’un patient ou d’un médecin.

 La solution serait donc que d’assurer une consultation à distance mais cela va en aucun cas  remplacer les habitudes et les pratiques médicales classiques qui sont essentielles.

 

Il y a plusieurs types de télémédecine, pouvez nous citer quelques-uns ?

 Il y a la téléconsultation, le patient est dans un endroit A, le médecin dans un endroit B et en même temps ce patient est assisté par un infirmier qui va prendre par exemple les constantes, la température, la tension, le pouls …etc, les informations vont être transmises au médecin qui va en fonction des informations reçues établir un diagnostic et proposer un traitement.

Il y a également ce qu’on appelle la télé-expertise,  par exemple un médecin généraliste qui se met en contact avec un patient qui présente une pathologie un peu complexe, il aura besoin de plus d’informations pour une meilleure prise en charge, donc il va exposer son cas à un confrère spécialiste peut-être même un professeur, et ils vont tous les deux le discuter

la notion de télésurveillance, par exemple un patient qui peut être hospitalisé chez lui (hospitalisation à domicile) et on va pouvoir suivre ses constantes à distance.

Il y a aussi la téléassistance, l’exemple qu’on connait souvent quand quelqu’un fait un accident de circulation, si cet accidenté est connecté, il peut envoyer une demande de secours, et on peut avoir les secours qui commence á intervenir en avant de son arrivé.

Et voilà ce sont les principes les plus courant en télémédecine.

Pour la téléconsultation, est ce que la distance entre patient et son médecin n’affectera pas l’efficacité ou la précision du diagnostic ?

 

C’est une très bonne question, aujourd’hui en diagnostic quand on fait une anamnèse avec un patient posant des questions et tout, il y a aussi une partie clinique comme vous le savez, il faut toucher, palper, ausculter ; ce sont des choses qui ne seront pas toujours évidente en télémédecine, quoi qu’aujourd’hui il y a un certain nombre d’appareils et d’instruments qui peuvent nous aider comme le stéthoscope électronique, le tensiomètre électronique … etc et qui peuvent donner l’information à distance, mais ça dépend toujours de la qualité de l’infirmier qui est sur place parce qu’il est l’extension des mains du médecin, c’est lui qui va palper a la place de médecin

Bien sûr, il faut toujours savoir les limites, tout ne peut se faire par télémédecine.

Il existera toujours des spécialités qui ne peuvent pas se faire á distance.

 

Pouvez-vous nous parler de la dimension sociale de la télémédecine notamment la lutte contre les déserts médicaux ?

 

 Il faut savoir qu’aujourd’hui au Maroc, il y a presque 160 localités qui connaissent un état d’enclavement sanitaire critique, ça veut dire que ces personnes-là ont besoin d’au moins de deux heures pour arriver à la structure médicalisée la plus proche, moyennant parfois des conditions de transport qui ne sont pas évidentes

Ces  160  localités correspondent  á  1,6 millions  d’habitants qui vivent au Maroc un état d’enclavement sanitaire critique, et c’est ces personnes lá effectivement qu’on vise par les actions inauguratrices de télémédecine sur le territoire national, pour essayer de leur apporter une consultation de qualité via la téléconsultation.

Malheureusement, ces personnes-lá ne vivent pas uniquement un état d’enclavement sanitaire, mais ils vivent aussi la précarité : Ce sont des personnes pauvres pour lesquelles l’accès aux soins s’avère délicat.

 

 

 

Un grand merci Monsieur pour votre temps et votre participation à cette interview. Nous vous souhaitons plus de progrès dans ce sujet passionnant et nous espérons poursuivre ce projet et sa lancée marocaine.

Interview réalisé par : Amatarahman Elazami & Oussama Lakhsaissi

Article révisé par : Ghita Bendani

Oussama Lakhsaissi

Ingénieur Biomédical
CEO & Co-Founder of Moroccan Biomedical Technology Company
Co-Founder of Happydoc
& Membre fondateur de l'Um6ien

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